L’Orthopractie

C'est une évidence d'écrire que l'Homme est un bipède au cerveau perché et si nous voulons exister en tant que bipède, nous devons connaître à tout moment les positions relatives des différentes parties de notre corps les unes par rapport aux autres et la position du corps dans l'environnement avec un maximum de fiabilité et un minimum de coût énergétique. Le problème, c'est qu'apparemment il peut arriver que le programme ne se déroule pas comme prévu et que l'élaboration centrale des routines exécutées par la périphérie fasse l'objet de biais. Concrètement, quand un conflit sensoriel (oeil droit/oeil gauche, oeil/oreille interne, oeil/soma,etc..) vient perturber le traitement des données neurosensorielles, la première réponse du cerveau est de s'adapter aux nouvelles conditions puis de réorganiser sa connectique fonctionnelle dans la durée. Mais dans ces circonstances, il le fait malheureusement dans l'erreur et cette capacité à s'adapter passe d'autant plus du statut de qualité à défaut que le pilote de la machine ne peut s'en rendre compte. Notre premier travail est donc de matérialiser à ses yeux l'existence du/des conflit(s) sensoriel(s) (Le Syndrome de déficience posturale S.D.P).

Le praticien va donc devoir répondre à plusieurs nécessités :
- Mettre en évidence le conflit sensoriel par un testing sensibilisé des entrées sensorielles et le rendre « palpable » par le patient
- Libérer la(es) structure(s) contrainte(s) et/ou précontrainte(s)
- Retarer l'activité tonique posturale à l'origine de l'anomalie de contrainte en modifiant le codage des infos par le biais du canal somesthésique
- Réinitialiser la représentation spatiale du corps dans les cartes corticales pour avoir des post-effets durables
- Déterminer l'entrée sensorielle la plus impliquée pour organiser une prise en charge par collaboration avec les professionnels concernés.

Les premiers résultats sont immédiats, d'autres peuvent apparaître au bout de quelques jours et se poursuivre dans le temps en témoignant d'un « réamorçage » de la physiologie du système de contrôle: en règle générale, les séances ne sont pas répétitives à court terme. La prise en charge des autres entrées sensorielles se fait en collaboration avec les autres professionnels de la filière de soins. Indications suites douloureuses traumatiques ou rhumatologiques (arthrose, discopathie, hernie discale..) pathologies fonctionnelles liées au(x) conflit(s) sensoriel(s) : troubles de la posture aux défauts d'apprentissage, en passant par les troubles musculosquelettiques, certains troubles de l'équilibre. séquelles neurosensorielles des agressions la vie moderne (stress.) le champ d'application est immense ! Du bébé au senior en passant par la femme enceinte, tout le monde ou presque, peut être concerné et soigné dans la limite des indications. Les limites sont celles de la non intégrité organique innée ou acquise des circuits neuronaux (entrées sensorielles, voies afférentes et efférentes, centres d'intégration, effecteurs musculaires), de la non réversibilité et/ou de la non compensabilité des atteintes, ou encore celles de la non capacité du sujet à donner un sens adéquat aux données neurosensibles. Il apparaît aujourd'hui plus que probable que la « lésion structurelle » doit être, dans une très large majorité de cas, considérée comme la résultante d'un défaut de codage des informations neurosensorielles par le SN et non le contraire : « le mou et sa commande précèdent le dur » comme l'élaboration du geste précède son exécution. Qui peut d'ailleurs se vanter d'avoir déjà vu un corps humain avec des os bouger tout seuls, ou encore deux os formant une articulation être auto stables... ? À l'évidence, il n'en va pas ainsi. Cela impose la présence d'actionnaires musculaires qui ont eux-mêmes besoin d'une commande. Dans le meilleur des cas, le système s'efforce même de réduire la facture énergétique de l'exécution, en la pré-programmant au fil des apprentissages. Ces processus sous-entendent la prépondérance d'un système de contrôle hiérarchisé et intégré.